ARTICLE - AMéRIQUE DU NORD - éTATS-UNIS - MOBILISATIONS SOCIALES

De la criminalisation migratoire à la résistance urbaine : comment les villes américaines défient la répression fédérale

Hugo DE MATOS COIMBRA (Chercheur au LEGEM) - 02 février 2026

Aux États-Unis, l’année 2026 a démarré avec les violentes opérations de l’ICE (United States Immigration and Customs Enforcement – Service de l’immigration et des douanes des États-Unis) ayant notamment conduit au meurtre de deux personnes à Minneapolis, dans le Minnesota. Filmées et rapidement devenues virales, ces exactions ont déclenché des mobilisations importantes. Entre, d’un côté, une administration fédérale qui assume son approche répressive avec une instrumentalisation des questions migratoires et, de l’autre, l’opposition politique et citoyenne qui s’efforce de résister – notamment à l’échelle locale – à ces pratiques autoritaires et violentes, ces événements révèlent les profondes divisions qui traversent les États-Unis. Que symbolise aujourd’hui l’ICE, organisme issu des réformes judiciaires controversées de l’après-11 septembre 2001 ? Comment l’agence a-t-elle évolué depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump ? Comment la résistance civile s’organise-t-elle face à ces raids ?

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e 7 janvier, Renee Nicole Good, citoyenne américaine de 37 ans, est abattue par l’Immigration Customs Enforcement (ICE) près de son domicile dans le sud de Minneapolis. La vidéo, devenue virale sur les réseaux sociaux, a provoqué des manifestations, semblables – tant par leur ampleur et par la contestation des violence des forces de l’ordre qu’elles expriment – à celles déclenchées par le meurtre de George Floyd, survenu en 2020 à quelques pas du lieu de meurtre de Renee Nicole Good. Si la mère de famille n’était pas la cible première de l’ICE, elle se trouvait dans la zone d’une vaste opération d’arrestation impliquant quelque 2 000 agents. Sur son réseau social Truth, le président Donald Trump décrit la victime comme « une agitatrice professionnelle, faisant obstruction et résistance1 » à l’ICE. Environ deux semaines plus tard, Alex Pretti, un homme âgé de 37 ans est également tué dans la même ville. Dans les deux meurtres, les versions officielles des autorités divergent de celles des familles, des témoins ou des images diffusées : alors que les agents fédéraux affirment que les interventions étaient des réponses défensives à des comportements menaçants, de nombreuses vidéos et témoignages suggèrent que les deux individus tués ne constituaient aucune menace immédiate. Aucune poursuite pénale contre les agents fédéraux n’a pour l’instant été entamée, le ministère de la Justice refusant d’ouvrir une enquête.

Plus que des cas isolés, ces scènes symbolisent la violence exacerbée par les politiques migratoires qui ont été considérablement renforcées sous la présidence de Donald Trump. Le durcissement de la répression des migrant·es n’a toutefois pas commencé sous l’administration Trump. Comme le soulignent Tom. K Wong, professeur de sciences politiques à l’Université de Californie et Karina Shkylan, chercheuse sur des questions d’immigration, ce durcissement est « le produit d’un processus de plusieurs décennies qui a donné naissance au homeland security state (État de sécurité nationale) qui a érigé les migrant·es en menace existentielle pour le pays et faisant d’eux la cible de stratégies de contrôle et de violence systématiques2 ». La hausse de la répression des migrant·es s’accompagne d’une résistance notable de la population américaine, particulièrement dans les villes historiquement démocrates comme Chicago ou Los Angeles.

La genèse de l’ICE : institutionnalisation de la surveillance intérieure des migrant·es

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raditionnellement, les États-Unis avaient privilégié le contrôle des frontières extérieures, surtout celle du Mexique, perçue comme une véritable menace au tournant des années 1970. Rapidement, avec la croissance des dynamiques migratoires vers les États-Unis, une série de lois vont contribuer à réorienter l’attention : les migrant·es sont désormais perçu·es non plus comme un danger externe mais aussi interne3. Le territoire américain est ainsi considéré comme étant perpétuellement menacé de l’intérieur. Des lois telles que l’Immigration Reform and Control Act de 1986, l’Illegal Immigration Reform and Immigrant Responsability Act de 1996 ou l’Antiterrorism and Effective Death Penalty Act de 1996 ont ainsi participé à la construction d’un cadre légal de surveillance et de contrôle des migrant·es à l’intérieur même du pays4. La criminalisation accrue des migrant·es et l’intensification de la surveillance intérieure du territoire américain se sont appuyées sur le droit pénal dans un objectif de renforcement du contrôle migratoire. Les attentats du 11 septembre 2001 ont fini par renforcer le concept d’État de sécurité nationale : le Department of Homeland Security (DHS distinct du ministère de l’Intérieur), chargé de protéger les États-Unis contre les menaces internes et externes dans un contexte de hausse des actes terroristes dans le monde, est créé. L’ICE naît ainsi en 2003 de la fusion de l’Immigration and Naturalization Service (Service d’immigration et de naturalisation) et des services de douanes américaines, sous l’égide du DHS. Il compte aujourd’hui 20 000 agents chargés de l’application de la loi et de forces de soutien réparties dans environ 400 bureaux aux États-Unis et dans le monde, tel qu’en Amérique latine ou en Europe5.

Quand les autorités locales s’opposent au pouvoir fédéral

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rois niveaux de police existent ainsi aux États-Unis. La police locale, chargée d’assurer la sécurité au sein d’un territoire restreint (une ville ou un comté), la police d’État, opérant à l’échelle de tout un État et enfin les agences fédérales telles que le Federal Bureau of Investigation (FBI) ou l’ICE, qui interviennent à l’échelle nationale pour des affaires d’envergure plus importante comme le terrorisme, les crimes fédéraux ou encore le contrôle de l’immigration. Traditionnellement, la mise en œuvre des lois migratoires relevait presque exclusivement du niveau fédéral, les forces de police locale et étatiques étant formellement distinctes de ces missions.

Néanmoins, comme le souligne Jennifer M. Chacón, professeure de droit au Massachusetts Institue of Technology et spécialiste de droit de l’immigration, « l’application du droit de l’immigration est aujourd’hui largement financée et profondément intégrée aux pratiques quotidiennes de police à l’intérieur du territoire américain6. » Cette proximité entre police locale et contrôle migratoire s’est manifestée ces trente dernières années à travers différents programmes et accords qui ont permis à la police locale d’exercer certaines fonctions de contrôle migratoire sous supervision fédérale. Le programme Secure Communities (Communautés sécurisées) conçu sous l’administration George W. Bush après le 11 septembre, dont l’objectif était de lier les arrestations faites par la police locale aux fichiers fédéraux d’immigration, pour plus facilement repérer les personnes pouvant être expulsées, constitue un exemple important de la manière dont les États-Unis ont intégré le droit pénal au sein du dispositif de contrôle migratoire. L’administration Obama a mis en place plusieurs programmes tels que le Deferred Action for Childhood Arrivals (DACA – Action différée pour les arrivées d’enfants) visant à protéger temporairement les jeunes immigré·es arrivés aux États-Unis dans leur enfance, en leur accordant un permis de travail et en différant leur expulsion. Or, ces mêmes programmes ont simultanément renforcé une hiérarchisation historique des migrant·es, distinguant celles et ceux considéré·es comme « méritant·es » car contribuant au développement économique du pays et les autres, perçu·es comme dangereux·ses et expulsables7. Enfin, sous la présidence de Joe Biden, certaines mesures ont tenté de réintroduire des approches plus individualisées, en limitant les expulsions aux cas présentant une réelle menace à la sécurité publique plutôt qu’à l’ensemble des migrant·es en situation irrégulière.

Les épisodes récents ont souligné les tensions inhérentes au système américain en matière de politiques migratoires. Deux principes entrent en effet en opposition : d’une part c’est le niveau fédéral (le Congrès et le président essentiellement) qui dispose du pouvoir de décision en matière de politiques migratoires, mais d’autre part, le fédéral ne peut pas obliger les États et les municipalités à appliquer des politiques migratoires. En d’autres termes, ces derniers conservent une marge de manœuvre importante pour décider de leur degré de coopération avec les autorités fédérales en matière d’immigration et peuvent de ce fait refuser de coopérer avec l’ICE. Plusieurs villes comme Los Angeles, New York ou Chicago sont ainsi devenues des « villes sanctuaires », c’est-à-dire des villes qui adoptent des lois qui visent à limiter la coopération avec les agences fédérales. Le site officiel de la ville de Chicago souligne que « la ville ne posera pas de questions sur le statut migratoire, ne transmettra pas ces informations aux autorités, et, surtout, ne vous refusera pas l’accès aux services municipaux en fonction du statut migratoire8. » Le 6 octobre 2025, le maire de Chicago, Brandon Johnson a signé la mise en place de « zones sans ICE » qui établit des lois claires pour interdire aux agents de l’ICE d’utiliser toute propriété appartenant à la ville dans le cadre de leurs opérations9.

Signalisation qui interdit à l’ICE d’entrer sur un terrain appartenant à la mairie de Chicago. (Traduction : Cette propriété est détenue et/ou contrôlée par la ville de Chicago. Elle ne peut pas être utilisée pour l’application du droit de l’immigration civile en tant que: zone de mise en place, lieu de trairement ou base opérationnelle/Source: ChicagoPublicMedia)

Trump II et l’explosion des mesures répressives contre les migrants

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a deuxième présidence de Donald Trump entre en rupture avec les politiques migratoires mises en place par son prédécesseur. Après avoir fait de la lutte contre l’immigration un vecteur clé de sa campagne présidentielle, différentes mesures budgétaires et politiques ont été mises en œuvre pour rendre la « chasse aux immigré·es » plus effective. En 2026, le budget de l’ICE atteint 11,3 milliards de dollars, avec 20 000 postes, et le One Big Beautiful Bill Act (Loi du grand et beau projet) prévoit entre 120 et 170 milliards pour la période 2026-202910. Cette somme permettra de financer la construction de 50 nouveaux centres de détention. Le nombre d’arrestations a également explosé dans tous les États, à l’exception du New Hampshire. Si en 2024, 270 000 personnes ont été expulsées par l’ICE, le nombre d’expulsions est passé à 400 000 en 2025, selon le département de la Sécurité intérieure11. Certains États atteignent une hausse de 254 % des détentions entre la première moitié de l’année et la seconde. De même, on constate que les États qui connaissent la plus forte hausse des détentions ne sont pas forcément ceux qui possèdent le plus grand nombre de migrants, mais ceux qui possèdent des villes sanctuaires. Ainsi, la Floride, qui se place pourtant en troisième position en termes de nombre de migrants (4,6 millions, soit 10% de sa population), n’a connu une hausse des arrestations que de 56 %. En revanche, des États comme l’Oregon ou l’Illinois qui ne comptent qu’une part relativement faible de migrant·es – 0,9% pour le premier et 4% pour le deuxième – ont vu une explosion des arrestations : l’Illinois est ainsi passé de 957 arrestations pour la période janvier-mai 2025 à 2807 pour la période mi-octobre 2025 et l’Oregon est passé de 216 arrestations à 595 sur la même période12. Les deux sont considérés par le Département de Justice comme des États sanctuaires.

Les politiques mises en place par les villes ou États sanctuaires entrent en contradiction avec les politiques migratoires de Donald Trump. Face au refus de certaines villes de collaborer avec l’ICE, le président a mis en place différentes méthodes pour contraindre les États à appliquer les lois fédérales. Les multiples tentatives de priver certaines villes sanctuaires telles que Boston, Chicago, Denver ou Los Angeles de financements fédéraux en raison de leurs politiques limitant la coopération avec l’ICE, ont finalement été empêchées par les tribunaux. Désormais ce sont des méthodes plus coercitives qui sont employées. Ainsi, le nombre de raids, c’est-à-dire d’opérations fédérales soudaines et coordonnées où des agents fédéraux, souvent en nombre important, investissent des territoires spécifiques dans l’objectif de détenir et de déporter des immigrant·es sans papiers, a considérablement augmenté. Certaines villes comme Portland, San Francisco ou Dallas ont connu plusieurs raids. Le raid massif entrepris par Donald Trump le 6 janvier 2026 dans la région de Minneapolis en est l’exemple le plus médiatisé. Les responsables décrivent cette opération comme « la plus grande opération d’immigration de tous les temps », déployant environ 2 000 agents fédéraux. C’est dans le cadre de ce raid que Renee Nicole Good a été tuée.

De la répression à la résistance civile

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ace aux actions répressives de l’ICE, des manifestations ont vu le jour. Selon l’observatoire mondial indépendant ACLED (Armed Conflict Location and Event Data), plus de 700 manifestations à travers tout le pays, liées aux politiques migratoires de Donald Trump ont été enregistrées en 2025, constituant ainsi un record13. La résistance civile passe également par d’autres moyens. La journaliste Michelle Goldberg, spécialisée dans les questions politiques, religieuses et de droits des femmes au New York Times, décrit les méthodes spontanées et communautaires mises en place par les habitants de Minneapolis : « Les gens ont sorti les sifflets, ils ont instauré leur propre petit dispositif d’alerte pour prévenir de l’arrivée de l’ICE dans un quartier. Ils manifestent. Ils se mobilisent pour défendre leurs voisins14. » Des sites internet collaboratifs ont également vu le jour : le site iceinmyarea.org permet à n’importe qui de signaler la présence d’agents ICE et met à leur disposition des ressources juridiques nécessaires pour permettre aux migrant·es de connaître leurs pleins droits. Dans un article pour le New York Times, la journaliste Julie Bosman explique la manière dont les actions menées par l’ICE ont fait apparaître un ensemble de méthodes de résistance civile : mise en place de réseaux de réponse rapide, tactiques pour suivre les véhicules de l’ICE en utilisant des sifflets pour avertir le voisinage, repérage des hôtels où logent les agents de l’ICE pour faire du bruit et les empêcher de dormir font partie des différentes actions menées par les habitants de Chicago15.

 

Quelles conséquences pour le système sécuritaire et judiciaire aux États-Unis ?

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omme le soulignait déjà Elisa Jácome, économiste et spécialiste des questions liées à la justice pénale et à l’immigration au sein de l’université de Northwest, dans une étude de 202116, la méfiance des immigré·es envers la police réduit significativement leur tendance à signaler des crimes, y compris lorsque ces personnes sont victimes ou témoins directs. Si des programmes spécifiques, à l’instar du Priority Enforcement Program (PEP – Programme prioritaire d’exécution des lois) ont permis de légèrement renforcer la confiance entre la population hispanique de Dallas et les forces de l’ordre (le nombre de crimes graves signalés à la police par des plaignant·es hispaniques ont augmenté d’environ 4% après la mise en place du programme), la stigmatisation et la criminalisation continues des immigré·es ne font que fragiliser un système judiciaire déjà sous tension. Bien que l’étude ne prenne en compte que les populations hispaniques, on peut s’attendre à ce que l’intensification des contestations contre l’ICE étende progressivement cette méfiance à l’ensemble de la population américaine, y compris aux citoyen·nes non issu·es de l’immigration. Cette dynamique érode la confiance envers les institutions sécuritaires et judiciaires, compromettant la coopération communautaire essentielles à un système judiciaire efficace. Cette perte de confiance envers les institutions sécuritaires frappe d’autant plus les populations issues de l’immigration, qui craignent désormais une arrestation et une déportation quasi systématiques.

Ainsi, la répression migratoire apparaît aujourd’hui comme l’un des piliers centraux de la gouvernance sécuritaire étatsunienne. Celle-ci s’inscrit dans un processus de longue durée qui a progressivement intégré le contrôle de l’immigration au cœur du droit pénal et des pratiques policières locales. Le renforcement de l’ICE, la multiplication des raids et l’extension des dispositifs de détention traduisent une approche fondée sur la coercition, dont les effets dépassent désormais largement les populations migrantes pour toucher l’ensemble de la population qui remet en cause les politiques migratoires. Face à cette intensification répressive, les résistances urbaines et les politiques des villes sanctuaires s’affirment comme des réponses directes à la criminalisation migratoire. En refusant une coopération avec l’ICE, ces villes défient une répression fédérale qui, loin d’assurer la sécurité, fragilise les institutions et cristallise des tensions entre sécurité, justice et démocratie aux États-Unis.

BIBLIOGRAPHIE

1 HOLLAND Steve, HESSON Ted, « Trump calls Minnesota ICE shooting “sad to see on both sides” », Reuters, 15 janvier 2026.

https://www.reuters.com/world/us/trump-calls-minnesota-ice-shooting-sad-see-both-sides-2026-01-15/

2 WONG Tom K, SHKLYAN Karina, « The Impact of Interior Immigration Enforcement on the Lives of Undocumented Immigrants », The Journal of Race, Ethnicity, and Politics, no 3, novembre 2024.

Ibid.

4 La première loi visait à régulariser les immigrés sans papiers mais sanctionne les employeurs qui embauchent illégalement, la deuxième durcit fortement les expulsions, réduit les recours et renforce le contrôle aux frontières tandis que la troisième renforce la lutte antiterroriste et limite les appels judiciaires, notamment pour les étrangers condamnés.

5 Données collectées sur le site officiel de l’ICE : https://www.ice.gov/about-ice

6 CHACON Jennifer M., « Criminal Law & Migration Control: Recent History & Future Possibilities », Daedalus, vol. 151, janvier 2022.

Ibid.

9 Bureau de presse de la mairie de Chicago, « Mayor Brandon Johnson Signs “ICE Free Zone” Executive Order, Prohibiting Use of City Property For Federal Immigration Operation », Chicago.gov, 6 octobre 2025.

https://www.chicago.gov/city/en/depts/mayor/press_room/press_releases/2025/october/city-property-executive-order.html

10 ROY Diana, HADDOCK Kaleah, « ICE and Deportations: How Trump is Reshaping Immigration Enforcement », Council on Foreign Relations, 1er décembre 2025.

https://www.cfr.org/article/ice-and-deportations-how-trump-reshaping-immigration-enforcement

11 SIRVINS Maxime, « Budget record pour l’ICE : Trump déploie sa machine anti-immigration », Politis, 20 octobre 2025.

https://www.politis.fr/articles/2025/10/budget-record-pour-lice-trump-deploie-sa-machine-anti-immigration/

12 Données issues du site Transactional Records Access Clearinghouse (TRAC).

13 « Issue Brief: Mapping the Rise in Immigration-Related Demonstrations in Early 2025 », Princeton University.

https://bridgingdivides.princeton.edu/issue-brief-mapping-rise-immigration-related-demonstrations-early-2025

14 GOLDBERG Michelle, « Give to Groups Defending Immigrants from ICE », The New York Times, 28 novembre 2025.

https://www.nytimes.com/2025/11/28/opinion/charity-holiday-gift-immigrants.html

15 BOSMAN Julie, « How ICE Crackdowns Set Off a Resistance in American Cities », The New York Times, 14 janvier 2026.

https://www.nytimes.com/2026/01/14/us/ice-protests-activism.html

16 JACOME Elisa, « The effect of immigration enforcement on crime reporting: Evidence from Dallas », Journal of Urban Economics, vol. 128, mars 2022.

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